EXPERIMENTER LA MORT AU QUOTIDIEN

 

Traduction française: linda@mayanmajix.com

 

NOUS CRAIGNONS LA MORT PARCE QUE LES AUTRES ONT PEUR DE CETTE EXPERIENCE. NOUS OBSERVONS COMMENT LES AUTRES SE COMPORTENT LORSQUE CEUX QU'ILS AIMENT OU CONNAISSENT MEURENT. NOUS VOYONS DES FILMS, LISONS DES LIVRES, ASSISTONS A DES REPRESENTATIONS THEATRALES OÙ LA MORT – ET LA FACON DONT ELLE BOULEVERSE L'ETRE HUMAIN- EST EXPOSEE. LES MEDIAS PROSPERENT GRÂCE A LA MORT ET S'EMPRESSENT AUTOUR D'ELLE COMME DES ABEIILLES SUR LE MIEL, PROPAGEANT D'EFFRAYANTES IMAGES ASSOCIEES A CETTE EXPÉRIENCE. A LA MINUTE OÙ NOUS NAISSONS DANS CE MONDE, NOS PARENTS NOUS GUIDENT DANS L'EXISTENCE CONDUITS PAR LE DESIR DE NOUS MAINTENIR EN VIE ET NOUS EVITER LE PORTAIL DE LA MORT. AU COURS DE NOTRE EXPÉRIENCE INTRA-UTERINE, NOTRE MERE PRIE SECRETEMENT QUE NOUS PUISSIONS RESISTER A LA MORT ET ENTRER EN CE MONDE VIVANTS. SUR CETTE PLANÈTE, LA PREMIERE MOTIVATION INCONSCIENTE DE NOTRE VIE EST DE FUIR LA MORT. NOUS SOMMES TOUS CONDITIONNES A CRAINDRE LA MORT.

 

 

Dans le monde actuel, notre définition de la santé est "un état d'être dans lequel nous semblons être à l'abri de l'approche de l'expérience de la mort" et notre définition d'une mauvaise santé est "un état d'être dans lequel nous semblons nous diriger vers l'expérience de la mort". Même si nous ne discutons pas ouvertement de la mort autour de la table du dîner et surtout pas de l'expérience inévitable de l'approche de celle-ci, nous lui accordons toujours une place en toutes occasions. Par exemple, si quelqu'un est en retard et que nous devenons inquiets, ce dont nous avons réellement peur est qu'il pourrait avoir rencontré la mort sur son chemin.

Chaque fois que nous prenons une décision basée sur nos peurs, nous prenons en fait une décision basée sur l'existence de la mort et sur notre intention de l'éviter à tout prix. Nos religions sont fondées sur la mort et sur ce que nous croyons qui va nous arriver lorsque cet événement aura enfin lieu. Nos politiciens adoptent des lois qui promettent subtilement de nous protéger contre la probabilité de la mort. Nos entreprises fabriquent et nous vendent des produits et des modes de vie qui garantissent de suspendre l'expérience inéluctable de la mort. Nous élaborons nos objectifs de vie en fonction de "ce que nous voudrions accomplir avant de mourir".

Presque chaque aspect de notre expérience de vie est une danse masquée et inconsciente avec la mort, si bien qu'il est difficile d'imaginer ce que pourrait être une expérience de vie fondée, non sur un désir d'échapper à la mort, mais plutôt sur la considération qu'elle fait partie intimement de la vie. Dans notre course folle pour nous éloigner de la mort vers les bras de ce que nous pensons être la vie, non seulement nous avons perdu la conscience de ce qu'est réellement la mort, mais nous avons également complètement perdu la capacité d'expérimenter la vie. Tout comme un culte du Nouvel Âge ou un d'un groupe religieux orthodoxe, nous avons de façon réactive, en masse, "fuit les ténèbres au nom de la lumière", au point que nous ne reconnaissons ni l'une ni l'autre et nous sommes ainsi laissés enveloppés dans nos illusions à leur sujet.

C'est notre refus de mourir au passé et aux projections dans le futur qui nous prive constamment de notre capacité à vivre pleinement dans le moment. C'est la seule mort que nous devons embrasser consciemment si nous cherchons à surmonter l'emprise que notre peur inconsciente de la mort a sur notre expérience de vie actuelle.

Nous nous sommes à tort permis de croire que la mort est avant tout une expérience physique et que, lorsqu'elle se produit, tout ce que nous vivons prend alors fin; que la mort signifie "la vie est terminée". Nous avons adhéré à cette illusion car nous sommes physiquement fascinés par le monde. Nous voyons le monde par rapport à son aspect physique, croyant que "le plan physique" est le point d'origine de notre expérience. Donc, peu importe la façon transcendante que nous avons de nous présenter; nous nous comportons encore comme si nous croyons que si notre corps physique s'effondre, nous nous effondrons également.

C'est un état effrayant à vivre que d'être physiquement fasciné par ce monde. Cela nous amène à tenter de maintenir notre corps physique dans un état immuable, ce qui est impossible car la seule constante du monde physique est qu'il change constamment. A chaque fois que notre corps physique traverse un état de changement qui n'est pas familier, nous supposons qu'il est peut-être en train de mourir ou de se rapprocher de la mort et nous agissons donc à partir de cette hypothèse en tentant de revenir vers des conditions que nous percevons comme étant la santé optimale. Pourtant, la véritable et parfaite santé est de "permette à la mort d'être présente dans notre corps à chaque moment de notre expérience de vie", en ne cherchant pas désespérément à l'éviter.

Tout changement est une mort.

Qu'entendons-nous vraiment par : "Je veux changer"?

En cherchant le changement, en fait ce que nous recherchons vraiment c'est la mort. Nous recherchons la mort parce que nous n'expérimentons pas véritablement la vie. Une partie de nous sait que nous ne l'expérimentons pas vraiment parce que nous avons bâti une forteresse autour de nous pour repousser l'expérience de la mort.

Pourtant, lorsque nous entrons dans une pratique ou une méthode apportant un changement au sein de notre expérience, nous nous plaignons alors du malaise qui en découle inévitablement. C'est parce que nous ne réalisons pas consciemment que tout changement est une mort et que la mort est inconfortable lorsque nous résistons au changement. Nous supposons à tort que l'expérience nécessaire que nous appelons "changement" est le passage magique de notre malaise actuel vers une expérience chaleureuse et légère appelée "bonheur". Nous disons même vouloir changer "afin d'être heureux". Mais qu'est-ce que le bonheur?

Le bonheur est un état d'agir dans lequel nous manipulons les circonstances extérieures à travers un arrangement que nous percevons comme pouvant nous permettre de nous sentir continuellement confortables. Demeurer dans cet état de bonheur désiré exige de maintenir les circonstances extérieures comme une constante dans notre vie afin que nous puissions être constamment heureux. Pourtant, rien dans le monde extérieur ne demeure constant; sa seule constante est le changement. Le monde physique est toujours en train de naître et de mourir. Le changement est la mort qui donne incessamment la vie en défaisant systématiquement toutes les illusions basées sur le temps. Le bonheur est un état illusoire qui a pour but de nous tromper en nous faisant croire qu'il existe une possibilité de vivre dans ce monde sans la présence de la mort, sans changement. Lorsque nous recherchons le "bonheur" nous cherchons en fait un lieu pour nous soustraire de la mort, du changement et donc de la vie elle-même. Il n'existe pas de tel lieu en ce monde. Ici, la mort et la vie sont une.

Dans ce monde, la mort est un détergent qui nettoie la vie de ses illusions basées sur le temps.

Notre tâche à présent - si nous voulons vraiment vivre de manière authentique - est d'arrêter notre tentative désespérée d'écarter la mort. Tenter de le faire c'est comme essayer de fuir l'air que nous respirons. Nous ne pouvons le faire: le plus nous courons, le plus d'air nous respirons. Un tel comportement ne fait que nous épuiser et nous empêcher de nous reposer dans le moment dans lequel nous sommes actuellement.

Le moment dans lequel nous sommes ne s'accomplit totalement qu'en mourant consciemment au moment que nous venons juste de traverser et en cessant de projeter celui-ci dans le moment qui n'est pas encore manifesté.

Etre pleinement dans ce moment, être véritablement vivant, c'est mourir constamment à tous les autres moments au point qu'il ne demeure que ce moment. Telle est notre intention lorsque nous disons: "Je choisis d'entrer dans la conscience du moment présent". Cette relation consciente désirée avec la vie nécessite une relation consciente continuelle avec la mort, une relation au sein de laquelle chaque instant est une nouvelle rencontre avec une expérience énergétique.

La conscience du moment présent c'est mourir au comportement qui est de tenter de s'accrocher à toute situation énergétique ainsi que de limiter le flux de son courant.

Cette expérience basée sur le temps se déploie lorsque nous nous habituons - et sommes donc à l'aise avec -un certain flux énergétique, un flux reconnaissable, un flux familier. Notre dépendance à cette confortable familiarité nous amène à chercher à contrôler ou à endormir tous les flux d'énergie que nous expérimentons afin qu'ils se conforment au flux énergétique que nous connaissons déjà. Cela n'est pas possible, ce ne le sera jamais et se comporter ainsi nous cause un grand malaise. Notre peur de la mort est donc une crainte de permettre à l'énergie de circuler naturellement, spontanément et de manière imprévisible.

Nous ne pouvons contrôler ou endormir Dieu en tentant d'arrêter le monde et en voulant le garder tel quel afin de pouvoir nous assoupir et ne pas avoir à vivre consciemment; surtout à présent alors que nous entrons dans une expérience dans laquelle tous les flux d'énergie augmentent de façon exponentielle. Tenter actuellement de maintenir nos expériences de façon constante, que cela soit dans nos conditions de travail, nos conditions de vie, les conditions climatiques, les systèmes politiques, les conditions religieuses ou économiques, est une pure folie. C'est comme essayer d'utiliser notre souffle pour retenir un ouragan.

Tous les paramètres extérieurs de notre expérience entrent à présent dans un état de changement croissant qui est inévitable et sans précédent. Ceci est parce que nous évoluons intérieurement. Il n'y a aucun point de référence dans notre histoire humaine pour l'expérience dans laquelle nous entrons actuellement rapidement, donc le fait de nous raconter des histoires à propos de ce que nous pensons qui est en train de nous arriver est tout simplement une tentative désespérée du corps mental de comparer ce qui se déroule maintenant avec ce qui s'est déroulé dans le passé et de projeter d'une certaine manière la construction de cette illusion dans le futur.

Le passé est mort; seules nos histoires lui permettent de demeurer vivant. L'avenir nous est totalement inconnu et ne ressemblera en rien au passé. Chaque histoire que nous projetons dans l'avenir sera une autre histoire à laquelle nous devrons mourir.

Toutes nos histoires sont irréelles.

Nous entrons à présent rapidement et de façon exponentielle au cœur d'une expérience vibratoire qui transforme tout notre état d'être au point que nous sommes en train de devenir une nouvelle espèce. Cette expérience vibratoire rayonne tout le long de La Voie de La Conscience; d'abord à travers notre corps émotionnel, puis à travers le mental, pour se manifester finalement à travers des situations sur le plan physique.

Lorsque nous sommes fascinés par le monde physique, nous portons le regard sur les effets de cette transformation et croyons que ces derniers en sont la cause. Par la suite, nous essayons de rester confortables en anesthésiant ou en contrôlant notre expérience extérieure sur le plan physique. Cela déclenche une augmentation des conflits extérieurs ainsi que le chaos et c'est alors comme si toutes nos tentatives de "bonheur" étaient ébranlées.

Lorsque nous sommes mentalement fascinés par le monde, lorsque nous essayons de maintenir un état de bien-être par l'analyse et la compréhension de ce qui nous arrive, nous expérimentons une confusion croissante, de l'anxiété et un profond sentiment d'appréhension intérieure. Aucune histoire que nous nous racontons à nous-mêmes ne peut englober la magnificence de ce moment qui se déploie; cela ne peut que le limiter, nous plonger dans un malaise et nous empêcher d'embrasser son entière beauté.

Il n'existe pas de rédemption sur le plan physique ou mental.

Notre salut est dans le déplacement de notre prise de conscience vers le point d'origine de notre expérience actuelle : le corps émotionnel et la façon dont il réagit ou résiste aux fréquences vibratoires auxquelles il est exposé dans le moment présent.

A chaque moment de notre expérience quotidienne le corps vibratoire émane ses changements de fréquences dans notre corps émotionnel. Tandis que cela s'accomplit, l'une ou l'autre de ces choses se passent:

Nous réagissons et résistons inconsciemment aux impulsions de ces changements de fréquences.

Nous répondons et intégrons consciemment ces changements de fréquences.

Nous ne pouvons répondre à ces fréquences de transformation vibratoires que lorsque nous n'avons pas de peur du changement et que nous sommes donc prêts à mourir consciemment au passé à chaque instant. Entrer dans la danse divine de mourir consciemment au passé à chaque instant nécessite que nous commencions par calmer la lutte frénétique qui résulte de notre façon traditionnelle inconsciente d'être en relation avec la mort. Surmonter ce rapport inconscient avec la mort, ou avec le changement, demande que nous commencions à transcender notre concept de ce que nous pensons être la mort. Nous devons lâcher-prise sur notre concept que la mort est "une expérience physique qui nous surprend et s'avère être finalement la fin de notre existence".

Il n'existe pas de telle chose que "la fin de la vie"; il y a uniquement la fin de l'illusion de ce que nous pensons qu'est la vie.

L'expérience traditionnelle de la mort que nous percevons tous comme étant notre sort inévitable n'est absolument pas la mort; c'est un moment particulier au sein duquel nous expérimentons la fin cataclysmique de l'illusion de ce que nous pensons qu'est la vie. C'est une renaissance dans la réalité. Surmonter notre fausse conception de la mort n'est possible que lorsque nous nous autorisons à commencer à expérimenter de véritables expériences de mort.

Une fois que nous avons appris à mourir consciemment à chaque instant, à lâcher-prise volontairement aux changements qui s'opèrent au sein de chaque instant, nous sommes alors capables de percevoir la véritable nature de la mort et de lâcher les illusions que nous avons par rapport à ce qu'est la vie. Nous ne serons alors pas obligés, à un moment donné, de vivre l'expérience cataclysmique traumatisante de mourir à ces illusions. En d'autres mots, en apprenant comment mourir maintenant, nous sommes en mesure de vivre pleinement et de manière authentique ainsi que de découvrir que "la véritable vie n'a pas de fin".

C'est l'opportunité extraordinaire qui nous est offerte au sein de l'évolution vibratoire croissante dans laquelle nous cheminons tous en tant que communauté planétaire. Parce que ces mouvements vibratoires sont si exagérés, parce qu'ils ont aujourd'hui un impact sur nous d'une telle manière que nous ne pouvons plus l'ignorer ou l'inhiber par la sédation et le contrôle, ils nous permettent de percevoir et de travailler avec notre corps énergétique de façon très tangible. Cela s'avère particulièrement évident si notre corps émotionnel est dans un état de résistance et donc en réaction face à l'amplification des fréquences vibratoires en émanant le malaise au cœur de notre expérience quotidienne.

Chaque moment de malaise découlant de notre résistance personnelle au changement est une occasion de pratiquer la mort. Dans cette perspective, l'inconfort devient notre salut.

La seule chose qui amène le rayonnement de ces fréquences vibratoires transformatrices à nous apparaître douloureuses et inconfortables est l'endroit où nous avons des points de résistance au sein de notre corps émotionnel. Ces points de résistance sont des patterns énergétiques non intégrés reliés aux expériences du passé.

LE PROCESSUS DE LA PRESENCE est un outil qui nous permet de faire remonter ces situations à la conscience afin que nous puissions les intégrer. Nous avons actuellement besoin de tels outils car les points d'origine de ces expériences non intégrées sont des amas d'énergie bloquée qui n'ont aucun concept qui leur sont rattachés. Nous ne pouvons donc pas frayer notre chemin au cœur de ces blocages et les libérer par la "compréhension" ou "l'analyse".

C'est à travers les sentiments qu'il nous faut les inviter à remonter à la surface de notre conscience en tant qu'expériences énergétiques à l'état pur pour ensuite les libérer en nous autorisant à les vivre pleinement, à les embrasser consciemment au lieu de leur résister. L'étreinte consciente permet la résolution et la libération. Cette méthode qui est celle d'approcher et d'expérimenter consciemment la libération émotionnelle est un portail vers la découverte de comment mourir consciemment.

LE PROCESSUS DE LA PRESENCE est conçu pour nous faciliter à procéder à ces ajustements de façon énergique; à mourir consciemment au passé et à l'avenir à chaque instant afin que nous puissions vivre pleinement et de manière authentique dans le présent. Il n'est néanmoins pas nécessaire que nous soyons impliqués uniquement dans la complexité d'une procédure telle que LE PROCESSUS DE LA PRESENCE pour pratiquer quotidiennement la mort consciente ; chaque fois que nous sommes ébranlés émotionnellement, il nous est demandé de mourir consciemment à quelque chose – il nous est demandé de mourir consciemment à ce que nous avons inconsciemment ramené de notre passé dans le moment présent et à ce que nous projetons inconsciemment de notre passé dans notre avenir.

Faisons tomber les masques de ce que nous appelons la mort. Voici ce qui se passe lorsque nous y sommes confrontés :

Un événement (souvent insignifiant) nous fait tout à coup- et sans que nous le contrôlions- entrer dans un état de malaise émotionnel et mental excessif. Le déclencheur de ceci nous apparaît souvent sous la forme d'une circonstance extérieure sur le plan physique, d'une action ou du comportement d'une personne. Cela est toutefois dû à un point de notre corps émotionnel qui résiste au changement qui a lieu dans notre corps vibratoire. C'est une expérience intérieure qui se reflète à l'extérieur. C'est parce qu'il nous manque la conscience du corps émotionnel et que nous avons une vision limitée, que nous assistons à cet événement "caché".

Par la suite nous expérimentons un changement de conscience radical. Immédiatement nous commençons à perdre conscience, comme si notre perception du monde s'arrêtait et se déformait à travers une vision restreinte sélective. Étourdissements et nausées deviennent manifestes.

Nous subissons une escalade du malaise physique, mental et émotionnel et adoptons de manière accrue une mentalité de combat ou celle de la fuite.

Notre humeur change soudainement de manière imprévisible, comme un drapeau qui claque sous les rafales d'un vent changeant. Nous avons le sentiment d'être "écrasés intérieurement" et il nous devient impossible de penser clairement.

Le monde physique semble devenir plus triste, monotone et comme réduit à deux dimensions. Nous perdons notre capacité à être pleinement conscients de ce qui se passe autour de nous.
Nos pensées fusent – nous commençons à nous raconter des histoires en émettant des accusations, des excuses et des justifications. Ces histoires sont racontées par une voix protestant dans notre tête. Si nous prêtons bien attention, nous réalisons que c'est notre propre voix lorsque nous étions plus jeunes; une part de nous émotionnellement immature. Les histoires racontées par cette voix intérieure n'ont aucun fondement dans le moment présent, pourtant nous les relions désespérément à notre expérience actuelle, nous nous accrochons à elles comme si elles étaient vérité d'Evangile, comme un enfant apeuré étreignant une poupée ou un ours en peluche.

Nous commençons à agir extérieurement à partir du point de vue de l'histoire que nous nous racontons. Ce comportement ajoute au moment le chaos et la confusion. Il apporte la peine et la souffrance à toute personne que nous englobons dans nos déclarations verbales. Au cœur de la projection de cette confusion se trouve un brouillard énergétique tourbillonnant fait de peur, de colère et de chagrin. Toutes les accusations que nous faisons augmentent le niveau d'inconscience que nous émanons. Toute décision prise à partir de cette expérience inconsciente est destructrice, réactive et ne nous sert d'aucune façon; ces décisions sont des réactions désespérées ressemblant à un combattant délirant frappant l'air.

Tant que nous sommes dans cet état, nous ne pouvons percevoir qu'il ne se passe en fait rien de réel. Peu importe combien les reflets surgissant du passé nous semblent être réels et peu importe la façon dont nous les projetons intensément dans le monde qui nous entoure, notre expérience intérieure toute entière n'est que cela: une expérience du passé non intégrée qui se reflète extérieurement sur l'écran du moment présent.

L'action la plus difficile à entreprendre au cœur de cette expérience de la mort est d'embrasser la vérité. (La vérité nous libérera.) Embrasser la vérité signifie d'admettre que notre perception de l'événement déclenchant est infondée, fausse, inexacte et que notre comportement est en conséquence injustifié. Arriver à admettre cela c'est mourir à l'histoire que nous nous racontons à nous-mêmes. Au moment où nous admettons cela, au moment où nous exprimons la vérité (intérieurement ou extérieurement), l'histoire meurt, nous renaissons dans le moment présent et sommes libérés de cette bouleversante illusion.

Lorsque nous mourons à une expérience passée quelle qu'elle soit, nous saisissons que nous nous éveillons à un état de conscience plus élevé. Lorsque nous ne le faisons pas, notre comportement nous amène dans des états d'inconscience de plus en plus profonds. Une résistance totale nous conduit à trouver un moyen d'anesthésier ou de contrôler à nouveau la prise de conscience de cette illusion qui fait surface afin que nous puissions continuer à expérimenter la vie de manière inconsciente.

Une fois que nous intégrons l'expérience, que nous choisissons de changer et donc de mourir à l'histoire, l'illusion de tout cela devient évidente jusqu'à pouvoir en rire. Nous voyons que ce qui nous a bousculés n'est rien d'autre que l'ombre d'un évènement du passé mis en avant dans le moment présent. Une fois que nous nous excusons (si cela est nécessaire) et rions de nous-mêmes, c'est que nous avons "lâché-prise" et sommes retournés dans les bras de la vie dans une plus grande conscience.

A partir du moment où nous sommes émotionnellement bousculés de cette manière, nous pénétrons dans les couloirs des fantômes du passé, ou plus précisément, nous faisons revivre le passé dans le moment présent et l'utilisons pour projeter des impressions fantomatiques dans le futur. En d'autres mots, ce qui est mort - mais dans lequel nous avons insufflé une vie illusoire – nous est présenté afin que nous puissions l'intégrer; nous sommes confrontés à une illusion à laquelle nous devons à présent mourir. Si nous pouvons rester conscients au sein d'une telle expérience, celle-ci devient une grande opportunité pour pratiquer l'art de mourir.

Peu importe combien nous croyons être "spirituel" et peu importe la somme de travail que nous croyons avoir fait sur nous-mêmes, en étant actuellement sur cette planète, nous vivons des expériences de mort. L'intensité de ces expériences est déterminée par le degré auquel nous nous accrochons au passé et nous projetons dans l'avenir. Ceci nous arrive à tous car à présent l'expérience de la mort fait partie intégrale de la naissance actuelle de l'homme vers un état d'être évolué.

La mort c'est lâcher-prise à notre histoire.

Des pays entiers s'accrochent désespérément aux histoires du passé, des histoires écrites par des historiens et des politiciens, des histoires qui ne sont pas vraies et qui ne sont pas d'actualité. Les religions s'accrochent désespérément aux histoires du passé, les histoires écrites par le sacerdoce, des histoires qui ne sont pas vraies et qui ne sont pas d'actualité. Les systèmes économiques s'accrochent désespérément aux histoires du passé, des histoires écrites par les milieux des affaires, des histoires qui ne sont pas vraies et qui ne sont pas d'actualité. Les groupes raciaux s'accrochent désespérément aux histoires du passé, des histoires écrites par la mentalité de vainqueur et de victime, des histoires qui ne sont pas vraies et qui ne sont pas d'actualité.

Des familles entières s'accrochent désespérément aux histoires du passé, des histoires écrites par des générations disparues depuis longtemps, des histoires qui ne sont pas vraies et qui ne sont pas d'actualité. La plupart d'entre nous qui sommes engagés dans des relations intimes nous accrochons désespérément aux histoires du passé, des histoires écrites par notre corps mental, des histoires qui ne sont pas vraies et qui ne sont pas d'actualité. Et puis il y a nous, en tant qu'individus:

Nous, tels que nous nous percevons nous-mêmes, sommes une histoire écrite par notre corps mental, basée sur des blocages dans notre corps émotionnel; une histoire qui n'est pas vraie et qui n'est pas d'actualité.

En nous accrochant à ces histoires nous résistons à la transformation croissante qui a lieu dans le corps vibratoire. Cela est futile. À moins que nous ne mourions délibérément à ces histoires lorsque l'opportunité se présente (lorsque nous sommes émotionnellement ébranlés), nous allons à un moment donné créer une expérience particulière où nous devrons mourir à l'illusion à laquelle nous nous accrochons par rapport à ce que nous "pensons" qu'est la vie.

A chaque instant, soit nous nous engageons dans une véritable mort - en mourant à ce qui nous empêche de vivre cet instant pleinement – soit nous nous engageons dans une mort inauthentique – en mettant en place une expérience particulière et mémorable dans laquelle nous aurons à mourir physiquement, mentalement et émotionnellement (de façon significative) à l'illusion que nous avons construite concernant de qu'est la vie. Quelle que soit notre choix, nous sommes confrontés à la mort.


Vivre chaque jour avec l'intention de mourir à ce qui nous empêche d'être pleinement présents dans notre vie nous permet de développer une relation continue avec ce que la mort est réellement.

La douleur et l'inconfort que nous traversons lorsque nous sommes subitement ébranlés, c'est la mort venant nous offrir l'occasion de naître à une relation plus profonde avec la vie. Il nous est demandé à tous d'accueillir cette expérience. De l'autoriser. Nous choisissons de mourir en conscience en ressentant la profondeur de notre douleur et de notre malaise lorsque nous sommes émotionnellement touchés, en lâchant-prise aux histoires qui les accompagnent et en n'agissant pas à partir de la peur, de la colère et du chagrin que ces déclencheurs provoquent.

Tandis que chacune de ces expériences de mort traversent notre conscience, nous devenons plus disponibles et plus sensibles à ce qu'est la vie. Le plus nous pratiquons quotidiennement la mort vis-à-vis du passé, le plus notre coutumière peur de la mort s'apaise. Notre concept traditionnel de la mort, celui dans lequel nous avons été conditionnés à vivre, se retire comme une marée descendante. En conséquence nous ne prenons plus de décisions fondées sur le fait de la combattre ou en essayant de la fuir ou de la différer.

Lorsque nous nous autorisons à mourir consciemment au passé, notre mort physique ne nous importe plus.

Plus nous nous permettons de tout ressentir, de ressentir le malaise apparent que la transformation énergétique déploie en nous, le plus confortables nous devenons. C'est un étrange paradoxe : l'évolution dicte que ce qui est étrange va devenir familier et que ce qui est bizarre sera la nouvelle norme. Il ne s'agit pas de "régler nos problèmes afin que nous puissions être heureux". Il ne s'agit pas non plus d'assister à une pratique spirituelle afin que "nous puissions entrer définitivement dans un état de Nirvana". Ces intentions sont illusoires, ce ne sont que des distractions et généralement des voies d'échappatoire inconscientes devant le fait de devoir vivre consciemment. De telles intentions créent des attentes irréalistes et cultivent la conscience comme point de destination.

Le meilleur moyen de rester conscients à travers cette transformation qui se déroule est de s'abstenir de supposer que nous savons ce qui est censé se passer, ou comment les choses vont tourner. Il nous faut mourir à l'ensemble de ces spéculations mentales. Notre corps mental va avoir du mal à donner un sens à tout cela; il s'efforcera continuellement d'élaborer des systèmes et de perfectionner des méthodes qui, selon lui, vont nous libérer dans ce qui nous est familier et confortable. A travers ces tentatives il continuera à échouer désespérément. Devenir conscient de, puis mourir à, ce qui nous empêche de nous révéler actuellement est la seule voie authentique vers le cœur de la vie.

Embrasser notre mort consciemment instant après instant est "révélationnaire"; le véritable visage de la vie se dévoile alors et nous emmène au-delà des limites de notre histoire humaine actuelle.

 

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Michael Brown ©

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